Chroniques

Les Insus + The Temperance Movement : Foire aux Vins de Colmar

En ce deuxième jour de Foire aux Vins c’est, après Louise Attaque, un autre groupe français mythique qui se présente face au public de la coupole puisque les Insus, ex Téléphone doivent assurer le show ce soir. Ce concert a été le premier programmé pour cette édition et a permis au festival colmarien de battre un record, puisque les billets se sont arrachés en 2h. Il faut dire qu’il s’agissait d’une des premières dates annoncées pour le retour de Bertignac, Aubert et Kolinka, Corinne Marienneau ne faisant pas partie de cette nouvelle aventure.

Plusieurs heures avant le début du concert, le public se presse déjà devant les grilles du Théâtre de Plein Air dont les travées sont déjà remplies 30 minutes après l’ouverture des portes. La première partie est assurée par les anglais de The Temperance Movement, qui ont ouvert la tourné des Insus. Dès le premier morceau, le public est conquis tapant dans les mains sur les riffs ravageurs de ce groupe qui mélange des influences comme les Guns and Roses, Black Rebel Motorcycle Club, Airbourne ou encore les Rolling Stones (dont ils ont assurés plusieurs premières parties).

Phil Campbell chanteur du groupe porte le même nom que le guitariste de Motörhead, bouge comme Iggy Pop, en reprenant d’ailleurs les « Come on », et ressemble au leader d’Oasis. Un sacré mélange. Sa voix est impressionnante et donne une véritable identité au groupe, ce qui leur promet un bel avenir. The Temperance Movement enchaîne les morceaux plus rock les uns que les autres, avec une certaine aisance scénique, faisant le bonheur du public dont les applaudissements raisonnent à la fin de chaque morceau.

Le chanteur du groupe sait partager la scène, prenant souvent du recul. Les deux guitaristes quant à eux alternent solos et parties rythmiques. De nombreux problèmes techniques, au niveau des retours, viendront émailler leur set, un technicien vérifiant sans arrêt les branchements et amplis, mais cela n’altère en rien leur performance. Un dernier morceau introduit à l’harmonica et dont la guitare rappelle La Grange des ZZ Top vient conclure ce show qu’a su apprécier le public. Des applaudissements nourris venant accompagner leur sortie de scène.

21h30 les lumières s’éteignent et le public est déjà en transe. Crache Ton Venin raisonne, repris en cœur par le public. Sur Hygiaphone Jean Louis Aubert est de nouveau accompagné au chant par les 10 000 fans présents dans la coupole.

Louis Bertignac annonce être heureux d’être de retour à Colmar et d’y terminer la tournée d’été des Insus-Portables avant de lancer Fait Divers, morceau sur lequel il envoie de gros solos, agitant sa chevelure grisonnantes de droite à gauche. Le groupe enchaîne avec un nouveau tube, Argent Trop Cher, qui fait bondir le public. Après cette débauche d’énergie, un peu de calme sur le poétique Bombe Humaine, là aussi chanté par les nombreux spectateurs et que Jean Louis Aubert termine par une longue pause bras levé.

Cette pause douceur ne dure pas puisqu’on reprend les titres rocks avec Au Coeur de la Nuit qui se termine par une longue présentation de chacun des Insus. Après des années marquées par les distensions, les compliments pleuvent entre Aubert et Bertignac, alors que Kolinka est très applaudi. Le nouveau bassiste qui reste logiquement plus effacé assure lui aussi le show.

Sur 66 Heures, Louis Bertignac assure de gros riffs profitant de chacun de ses instants de scène. Tout comme Jean-Louis il s’approche à de nombreuses reprises du public, profitant de l’avancée spécialement installée. Pour le morceau suivant dont les paroles répondent à celles de 66 Heures, Aubert enfile sa « plus vieille guitare » alors que Bertignac lui demande de jouer « la plus jolie intro de l’histoire ». Voici donc Cendrillon dont les paroles raisonnent dans la coupole de Colmar. Le chanteur de Téléphone termine le morceau en embrassant son compère guitariste avant que les deux ne se prennent dans les bras. Ils semblent vraiment heureux de partager la scène à nouveau.

Le public est déchaîné mais le groupe mythique en veut toujours plus, Aubert venant arranger la foule accroupi à l’avant scène. Alors que le public est en feu, une interlude pendant Métro permet aux deux guitaristes de faire gronder leurs instruments.

Après la fureur voilà la douceur puisque les 3 ex-Téléphone viennent s’installer à l’avant scène pour interprète deux morceaux en acoustique nous proposant un vrai moment d’intimité qui se termine par de nouvelles embrassades entre Louis et Jean-Louis.

Alors que Richard Kolinka reprend sa place derrière la batterie, le premier artiste à avoir joué au stade de France s’installe lui au piano pour interpréter Le Jour S’est Levé. Retour au Rock’n Roll avec Ce que je Veux, sur lequel Aubert et Bertignac bondissent dans tous les sens en agitant leurs guitares, puis New York avec Toi, où c’est au tour du public de sauter, excités par un Bertignac jouant quelques notes avec sa bouche.

L’ambiance ne redescend pas puisque l’immense tube Un Autre Monde est joué alors qu’un ballon en forme de globe terrestre est lancé sur le public. Celui-ci fait son retour sur scène et Bertignac y dresse sa guitare, avant de l’envoyer à nouveau à travers le Théâtre de Plein Air. Les Insus saluent longuement la foule, grand sourire aux lèvres avant de quitter la scène sous les cris et les applaudissements du public.

Retour de nos diables de rockeur qui annoncent qu’il ne reste que 5 minutes de concert. Les notes de Ça (c’est vraiment toi) raisonnent et le public s’enflamme de nouveau, hurlant les paroles à l’unisson. Les Insus terminent le morceau par un snippet de I Can’t Get No de leurs amis les Stones avant de conclure ses deux heures de show par une reprise du très rock Kashmir de Led Zeppelin.

Cette soirée aura été marqué par une superbe performance de The Temperance Movement qui a su assurer le show face à un Théâtre de Plein Air complet qui ne les attendait pas (je vous invite d’ailleurs à aller écouter White Bear leur dernier album). Après cette belle découverte, les Insus ont assurés face à un public déjà convaincu, connaissant par cœur le répertoire de Téléphone. Bertignac et Aubert ont montré une belle complicité, faisant regretter les années de tension.

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