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Rencontre avec Dätcha Mandala : Rock, Spiritualité, nouvel album

Nous avons échangé avec Dâtcha Mandala. Le trio bordelais est reconnu comme la relève du rock en France, notamment par Rolling Stones, Philippe Manoeuvre ou encore Louis Bertignac qui, après les avoir vu jouer, les a invités en première partie au Stade de France. De notre côté c’est en première partie de Phil Campbell (Mötorhead) que nous les avions découvert.

Comment allez-vous en cette période ? Vous parvenez à travailler ?

Ca va pas mal merci  ! Pour le travail créatif ça va aussi. Avec un ordi, une carte son, et garageband aujourd’hui on peut très bien continuer de travailler et de composer chacun chez soi… Bien sur ce qui nous manque le plus, ce sont les concerts et les répétitions, jouer pour de vrai ensemble quoi ^^

Comment est né Dätcha Mandala ? D’où vient votre nom, votre univers ?

Dätcha Mandala est né d’un de ces « hasards » de la vie en 2009, d’une première rencontre de Nico et Jb au collège puis de celle avec Jeremy au Lycée. Une fois le groupe monté et après plusieurs configurations, le trio s’est imposé comme notre meilleure formule, avec le nom qui allait avec. Il représente pour nous la recherche d’équilibre entre la part matérielle (datcha) et spirituelle (mandala) de l’existence, la voie du milieu en d’autres termes. Et pour ce qui est de notre Univers musical, nos influences sont en gros le rock des années 50 à nos jours. De Johnny Cash à Led Zeppelin, jusqu’à Jeff Buckley ou encore Tool. Nous nous inspirons également de tout ce qui peut nous toucher en dehors de la musique, que ce soit par l’intermédiaire  d’autres formes d’arts, mais aussi de spiritualité, philosophie, littérature …  

Votre musique est fortement inspirée par le rock des années 70, comment viviez-vous la musique plus jeunes ? Vous alliez à des concerts ? Quels sont les artistes qui vont ont le plus marqués ?

De part nos parents et nos amis on a été bercés par la musique des années 70 c’est vrai. Quoi de mieux comme source d’inspiration en meme temps ? Depuis très jeune on a su qu’on voulait faire du rock, comme AC/DC ou Led Zeppelin, ou bien encore comme les Stones. En faire notre vie, devenir réellement professionnel et mettre tout en oeuvre pour y arriver.

Nous allions donc évidemment voir des concerts (Muse, Robert Plant, AC/DC, Polnareff, Gojira, William Sheller…). Ces artistes font évidemment parti de ceux qui nous ont le plus marqués, mais il y en a tant d’autres qu’on va s’arrêter là, sinon on y est encore demain !

Have you seen the light – Live at les Vivres de l’Art (2013)

Vous allez chercher des sonorités très variées avec bien sûr du rock, du blues, mais également de la musique africaine et des sonorités asiatiques. Il y a aussi un côté spirituel dans votre musique. Comment faites-vous pour intégrer tout ça dans un même titre ?

On a une marmite géante dans notre local, un peu comme celles qu’on trouvent dans Harry Potter ou chez Panoramix, et on a suivi une formation de druides alchimistes en télétravail. C’est seulement quand la barbe de Jeremy est suffisamment longue, et que la période synodique de lune est achevée que la magie opère !

Et cette voix qui vous permet de telles envolées, comment l’avez-vous découvert ? C’était un matin sous la douche ?

Nico : Et bien vous ne croyez pas si bien dire ! Car c’est après un saut à l’élastique que, je me suis rendu compte que je pouvais crier très haut et très fort sans me faire mal à la voix ! Et je me suis donc dis qu’il y avait surement quelque chose à faire avec cette capacité … c’est alors que j’ai découvert Led Zeppelin et là, j’ai vraiment compris comment j’avais envie de l’utiliser !

Lorsque tout s’est arrêté en mars dernier, vous étiez en pleine tournée et vous vous apprêtiez à sortir votre nouvel album « Hara », comment envisagez-vous la reprise ?

On envisage la reprise, dès que possible et dans les lieux où cela sera possible. On attend cela avec impatience comme beaucoup de gens. Finalement reprendre la promo de notre album là où on l’a laissée !

Vous avez reporté la sortie de « Hara » au 5 juin, tout en publiant le premier single « Stick it Out » le 24 mars. Pouvez-vous nous parler de cet album ?

Cet album a été enregistré principalement au studio Black Box près d’Angers, avec Clive Martin (Queen, The Cure, Tom Yorke…). Il regroupe autant des morceaux anciens remis au goût du jour, que des morceaux absolument inédits écrits pour l’occasion. Nous avons voulu au travers de ses 11 morceaux, inscrire d’avantage nos convictions écologiques et spirituelles vis à vis de la période si particulière que nous traversons. Contrairement au premier disque qui avait été enregistré de manière 100 % analogique, ici nous avons voulu associer le meilleur des deux technologies (analogique/numérique), afin d’avoir un son plus moderne. Plus que jamais nous avons voulu creuser dans nos diverses inspirations, et faire vivre à l’auditeur un réel grand huit musical, de la ballade au piano, aux frontières du métal ! L’album est d’ailleurs d’ores et déjà en précommande sur nos réseaux et sa sortie dans les bacs est le 5 juin.

Stick it Out – 1er extratit de Hara

En 2017, vous avez joué au Stade de France, en première partie des Insus (ex Téléphone). Ça fait quoi de passer de petites salles à la plus grande scène du pays ?

Ça a été l’occasion de nous rendre compte d’à quel point nous étions suivis et soutenus par nos proches et nos amis, tant nous avons reçu de messages ce jour là. Aussi, nous avons été agréablement surpris de nous sentir comme des poissons dans l’eau. Cela nous a confirmé une énième fois à quel point nous étions un groupe soudé !

Avez-vous une anecdote de concert ou de tournée à nous raconter ?

L’un des meilleurs et plus atypique souvenir que nous avons est surement le concert au lendemain du Stade de France, où nous sommes passés littéralement de la plus grande scène du pays à un concert dans un garage, en acoustique devant 30 personnes … et c’était le feu ! Ça nous a permis de redescendre en musique, de la dose d’adrénaline que peut procurer le fait de jouer au stade de France. D’ailleurs pour l’occasion le garage arborait une banderole  « Stade de Frank » (chez qui nous étions pour son anniversaire) !

Pavot – Live at the Krakatoa (2018)

Et dans quelques années, où vous voyez vous ? Avez-vous encore des rêves à réaliser ?

On espère pouvoir toujours faire de la musique et partager notre art avec le plus grand nombre, le plus longtemps possible ! On a pas encore joué à Wembley, il parait que ça sonne d’enfer !

Pour finir, s’il devait ne rester qu’un album au monde (en dehors bien-sûr de « Hara ») ça serait ?

Jb : Gold de Abba.
Nico : L’album Grace de Jeff Buckley.
Jérémy : The Dark Side Of The Moon des Pink Floyd.

Un grand merci à Nico (chant, basse), Jérémy (guitare) et Jb (batterie). On espère revoir bientôt Dätcha Mandala sur scène.

Propos recueillis par Julien pour Concerts de l’Est

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