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Rencontre avec The Moorings : Punk, Rock, Folk celtique

Nous avons échangé avec The Moorings, groupe de Punk Rock celtique originaire de Sélestat qui compte des centaines de concerts à travers l’Europe, mais aussi de prestigieuses premières parties avec les références de leur style.

Commençons par des questions simples, comment allez-vous ? Comment vous occupez-vous pendant le confinement ? Est-ce que vous parvenez à répéter ?

Nicky : Hé bien ça va très bien ! Pendant le confinement c’est musique, bricolage, rangement, promenade. Alors on n’arrive pas à répéter puisqu’on est sensés rester chacun chez soi, mais on avance sur de nouvelles chansons, tant dans l’écriture que dans les arrangements. Denis travaille ardemment sur le nouvel album et Quentin a commencé à faire quelques mixages… en gros on essaie d’avancer sur le nouveau disque.

Denis : Tout roule pour l’instant, le moral et la santé sont sous contrôle ! Pour ma part c’est  jeux en famille, jardinage et Protools (logiciel de mixage). Le confinement devrait nous permettre d’avancer plus rapidement sur le prochain disque.

Matthieu : Oui tout va bien jusqu’ici. Avoir les enfants à la maison 24 heures sur 24, ça occupe ! On a également travaillé sur une nouvelle video live qui sort le vendredi 24 avril à midi.

Another Drinking Wound – sortie le 24 avril

Que diriez-vous pour présenter les Moorings à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Nicky : Je lui dirai de venir nous écouter en concert… surtout ça ! Après s’il fallait décrire notre style, je dirai qu’on mélange du Punk Rock avec des mélodies celtiques sur une base de chanson Folk… mais pas sûr que ce soit plus clair ! On se situe globalement dans l’univers des Pogues, des Flogging Molly ou encore des Real Mc Kenzies pour ne citer qu’eux.

Denis : Nicky l’a très bien expliqué, nous sommes principalement un groupe de live. Je dirai qu’au-delà de la musique, le groupe respecte une certaine philosophie. Nous sommes sensible à la cause environnementale et en désaccord avec le modèle capitaliste. Le groupe travaille et a travaillé en faveur de Emmaüs ou de l’ONG Sea Shepherd. Des projets sont en cours également pour un public handicapé. Tout ceci est indissociable de la musique à mon sens.

Comment avez-vous plongé dans les chansons à boire et la culture irlandaise ?

Nicky : Les chansons à boire c’est parce qu’on aime boire ! Du coup ça nous inspire. La culture irlandaise est liée aux racines familiales lointaines de Denis qui a mis le nez là-dedans en premier. Nous autres ça nous a plu alors on a suivi.

Denis : Curiosité et racines. J’ai démarré l’histoire en 2006, mais nous n’avons pas la prétention de jouer de la musique « irlandaise ». Nous sommes évidemment attachés à cette culture tout comme d’autres cultures comme le rock ou le punk rock. Ce sont ces dernières qui sont d’ailleurs le dénominateur commun des membres du groupe.

The Moorings – Kill By Ants

Vous jouez globalement du punk/rock celtique, mais on vous a déjà vu jouer entièrement en acoustique. Comment s’est fait ce choix ? Pas trop dur de passer de l’un à l’autre ?

Nicky : Les premières années du groupe se sont faites en acoustique exclusivement. Donc c’est un peu un retour aux sources. Ensuite les chansons sont généralement écrites sur une base de Folk song avec bien souvent juste une guitare et une voix. L’adaptation en acoustique est dans ce cas relativement immédiate… Il nous faut quelques répètes pour passer de l’un à l’autre mais ça va, on l’a déjà fait et on le refera sûrement dans le futur.

Vous étiez en pleine tournée au moment du confinement, comment voyez-vous la reprise ?

Nicky : Difficile à dire… je pense que les rassemblements seront proscrits encore pour un bon bout de temps. Je crains qu’il ne se passe rien avant l’automne, mais cela n’engage que moi.

Denis : C’est difficile à prédire. J’ose espérer que les gens favoriseront une économie locale. Dans le spectacle, il faudra nous serrer les coudes, les artistes comme les organisateurs.

Matthieu : C’est délicat, on ne sait pas exactement quand on va reprendre, ni comment le milieu du spectacle va évoluer.

The Moorings au Printemps des Bretelles

Vous jouez régulièrement à travers l’Europe, quelle est la chose la plus dingue qui vous est arrivée en tournée ?

Nicky : Je sais pas si on peut en parler, mais à Bucarest il y avait un restaurant à l’hôtel !

Denis : Un membre du groupe a réussi à s’enfermer en dehors de l’hôtel (en caleçon) en plein milieu de la nuit parce qu’il voulait pisser et ne trouvait pas la salle de bain. La suite j’ai pas le droit de la raconter…

Pour vous, jouer avec les Dropkick Murphys c’était une consécration ?

Nicky : Jouer avec les Pogues était vraiment inespéré. Pour les Dropkick, je dirai que consécration est un mot trop fort. C’était surtout un super concert puisque ça te donne l’occasion de faire de grandes scènes, devant beaucoup de monde et pour ma part le drive est là !

Denis : La consécration c’était d’avoir pu ouvrir pour The Dubliners. J’avais dit un jour que si ça devait nous arriver je passerais ensuite à autre chose… C’est arrivé en 2012 et nous sommes toujours là. Depuis ce jour notre histoire n’est plus que du « bonus ». J’ai pas réussi à décrocher !

The Moorings – Encore

On vous sait investis dans d’autres projets (Les Assoiffés, Zone 51), souhaitez-vous nous parler de vos actualités à venir ?

Nicky : Malheureusement l’actu est au point mort avec le virus. Tous les projets sont repoussés, voir annulés, les uns après les autres alors je ne sais trop quoi répondre si ce n’est rendez-vous après tout ça !

Denis : La seule actu confirmée c’est la sortie de notre prochain album. En revanche pour la date, Nicky à raison, tout est chamboulé. D’autres projets sont dans les cartons comme cité précédemment, mais pas de date officielle.

Matthieu : Zone51 est impactée par la crise sanitaire comme tous les acteurs culturels. Les locaux de répétition sont fermés depuis le début du confinement, les ateliers du Centre de Ressources des Musiques Actuelles et les concerts jeune public annulés, nos salariés sont en télétravail. Il est difficile de parler des projets à venir, à l’heure où je réponds on est dans l’expectative.

The Moorings – Friendship

S’il devait rester un seul album au monde, ça serait… ?

Nicky : Question difficile… et il y aura autant de réponses que d’interviewés. Moi, je vote pour Nevermind de Nirvana.

Denis : Un album c’est impossible ! J’hésite entre Back In Black et Appetite for Destruction… Non ! Otherworld de Lunasaa !  Raaaah t’es vache…

Matthieu : J’hésite entre le It’s Alive des RAMONES et la bande originale de Star Wars.

Un grand merci à Matthieu (basse), Denis (guitare, chant) et Nicky (guitare, banjo). Retrouvez les sur scène à Sélestat pour les rockeurs ont du cœur le 19 décembre prochain. D’ici là, suivez leurs actus sur leur Facebook.

Propos recueillis par Julien pour Concerts de l’Est

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