Chroniques

Volbeat + The Hives + Skunk Anansie + Apocalyptica + Steve’n’Seagulls : Festival des Artéfacts

En ce samedi 25 juin c’est Festival des Artéfacts. L’événement strasbourgeois a vu le nombre de journée au Zénith passer cette année de 3 à 2. Aujourd’hui c’est rock métal avec Steve’n’Seagulls, Apocalyptica, Skunk Anansie, The Hives et Volbeat. Motorhead aurait du être de la partie, mais le grand Lemmy ayant eu un léger imprévu en décembre dernier, ils ont été retirés de l’affiche.

Arrivé sur place, on ne peut que constater qu’il y a bien plus de monde en ce début de journée qu’à l’habitude. Il faut dire que le public est venu de plus loin puisque 80% des personnes présentes sont allemandes. Les Tee-Shirt Volbeat sont portés par la moitié du public alors que l’on retrouve aussi quelques Motorhead.

On commence donc avec les finlandais de Steve’n’Seagulls et leur faux airs de paysans venus de l’Amérique profonde. Avec le titre Paradise City de Guns N’Roses ils font déjà danser le public qui en reprend les paroles. Le groupe est spécialisé dans les reprises des classiques du rock et du métal. Tout le monde connaît donc la plupart des morceaux et des paroles même s’ils sont ici joués avec un banjo, un accordéon ou encore une contre-basse. Le rythme s’accélère ensuite avec le fameux Trooper d’Iron Maiden que l’on entend ici pour la première fois avec un solo de banjo.

Le public est très actif et semble heureux d’entendre ces reprises de tubes qu’il aime tant. Pour le plus grand plaisir des nombreux allemands, qui accompagne les premières notes de cris, voilà Ich Will de Rammstein. Ce groupe assez extraordinaire de par son style nous joue ensuite du AC/DC, Metallica ou encore Led Zeppelin, appuyé par des solos de contre-basse ou d’accordéon. Une très bonne ouverture avec ces finlandais en salopette qui termineront le set par Born to be While.

Cette soirée rock métal voit succéder au banjo, accordéon et contre-basse des violoncelles puisque c’est au tour d’Apocalyptica d’entrer en scène. Le groupe est très attendu puisque le public est déjà très chaud et acclame ce second groupe finlandais. Après 4 premiers morceaux ayant déjà emporté le public, Eicca demande  »are you ready to sing with us » et voici Franky Pérez pour House of Change le nouveau tube. Le morceau ramène une nouvelle énergie et permet de couper avec le style classique du groupe. Passage éclair car voici déjà Franky reparti.

On reprend les anciens morceaux du groupe. Porté par les violoncelles saturés et la batterie, le son est clairement plus lourd que pour Steve’n’Seagulls. Revoici Franky pour quelques morceau. I don’t care termine son passage, la chanson commence en douceur avant d’exploser tout comme le public lors des refrains. On nous annonce désormais que l’album Apocalyptica Plays Metallica est sortie il y a 20 ans et qu’il est donc temps de rendre hommage à ce premier succès. C’est Seek and Destroy qui est joué. L’énergie dans la salle monte encore d’un cran, Perttu se roulant par terre avec son violoncelle alors que le public sautille. Le set se termine enfin par de la musique classique.
S’en est fini des instruments de rock non conventionnels puisque voici Skunk Anansie connu pour les performances scéniques de Deborah Dyer. La voilà d’ailleurs qui vient rejoindre le reste du groupe sous les cris du public en hurlant de grands  »hey hey » qui surchauffent le public des Artéfacts. Le premier titre lancé est Believe dont la tension monte tout au long du morceau. De grands écrans sont placés au fond de la scène et des éclairs multicolores y sont diffusés. La mise en scène rappelle celle de Muse. Sur ce morceau très rythmée, la leader de Skunk Anansie saute partout dégageant beaucoup d’énergie. Suit Because of You morceau au riff de guitare entêtant qui s’interrompt lors du refrain pour laisser plus de place à la batterie et à la voix de Déborah Dyer. La voilà maintenant descendue le long des barrières avant d’y monter pour se laisser tomber dans le public. La voix de la leader des Skunk rappellent celle de la chanteuse de Shaka Ponk. Aucun doute, la réputation des performances scéniques de ce groupe est justifiée.
Les Skunk laissent la part belle aux solos de guitare pour le plus grand bonheur du public. La chanteuse du groupe britannique vient à nouveau au bord des barrières et monte cette fois debout sur son public. Après toute cette énergie, c’est le moment de passer à quelque chose de plus calme, et de surtout plus connu puisque c’est LE tube des Skunk Hedonism qui est joué. Déborah laisse donc le public chanter le refrain tendant le micro avec un grand sourire. Le titre suivant est le nouveau Love Someone Else pour lequel notre tigresse demande plus de bruit. Sur ce morceau la basse est omniprésente et des pogos se forment spontanément. Les pogos seront présents sur les différents morceaux jusqu’à la fin du set qui sera conclu par le riff de No Class en hommage à Motorhead. Ce groupe est un vrai feu d’artifice et Déborah ce défonce sur scène, pas étonnant qu’ils soient réputés pour l’énergie de leurs shows.
Retour aux groupes nordiques avec les suédois de The Hives en costume bicolore noir et banc impeccable. Rien de tel qu’un petit Come On ! en introduction pour mettre le feu dans le Zénith avec des paroles simples sur des riffs appuyés.  »Strasbourg Cry Cry for the band » hurle Howlin le leader du groupe avant de lancer Try it Again. L’avantage quand on est né 30 ans trop tard c’est que les codes pour pour enflammer une foule avec du bon gros rock’n’roll sont connus. Un véritable mélange entre les Rolling Stones et les Stoogies. Howlin fait vraiment penser à Iggy pop avec un jeu de scène extravagant.
Si Howlin est une vraie bête de scène, le reste du groupe n’est pas en reste. Son frère Nicholaus aime aussi venir en bord de scène et jouer avec le public, cherchant des yeux une personne réactive pour lui faire des pauses sensuelles ou lancer un médiator. Après Die, Alright le bondissant leader de The Hives vient reprocher au public de ne pas faire assez de bruit pour un tel groupe et demande aux gens de crier encore et encore. I’m Alive est un morceau sur lequel la batterie est plus puissante et appuie les riffs de guitare. Le guitariste jouant accroupie à l’avant scène.
Un gros show Rock’n’Roll auquel le pantalon du leader ne survivra pas. Le tube Hate to Say I Told You So fait encore monter la chaleur dans le public et se termine avec Nicholaus couché sur celui-ci avec sa guitare. Sur Won’t Be Long un circle pit vient se former spontanément. Un dernier tube Tick Tick Boom, durant lequel tout le public viendra s’asseoir avant de sauter en chœur au rythme de la guitare vient conclure le set. Le groupe vient enfin saluer son public accompagné des deux roadies encagoulé et habillés de noir (comme si on ne les voyait pas) qui les ont accompagné tout le show. The Hives sait enflammer une foule et ont d’ailleurs déjà été élus meilleur groupe en live par Spin Magazine. Pas de solo dans leurs morceaux mais des power chord diablement efficace.
Il n’y a encore personne sur scène mais la foule se resserre, la chaleur devient suffocante. C’est alors que Born to Raise Hell (enfin un hommage au grand Lemmy » retentit sous les cris du public. Le logo de Volbeat s’éclaire alors et c’est partie pour The Devil’s Bleending Crown et les premiers pogos. Ceux-ci vont durer tout le set. Le groupe occupe bien la scène même si cela n’a rien à voir avec l’intensité dégagé par Skunk Anansie ou The Hives. Le public étant composé en grande partie de fan de Volbeat, les chansons sont très souvent reprises par celui-ci.

 

La foule est surexcitée, les pogos incessants. Seul Sad Man’s Tongue, reprise de Johnny Cash jouée en guitare acoustique vient mettre un peu de calme dans ce Zénith surchauffé. Quant aux slam, ils vont mettre du temps à démarrer, mais une fois lancé ils continueront tout le set. Ils seront étrangement moins nombreux que l’année passée lors de la prestation de Shaka Ponk.
Au retour du rappel, Rob Caggiano qui nous a régalé de solos enflammés durant tout le concert revient demandant au public de taper dans les mains. Une seule chanson pour ce rappel et c’est Still Counting qui viendra clôturer cette soirée avec quelques minutes d’avance. Le groupe vient longuement saluer son public lançant de très nombreux médiators, mais aussi des baguettes, serviettes et bouteilles d’eau.
Deux gros regrets sur cette édition 2016. Le premier, l’augmentation des prix passés de 35 à 50€ et qui se justifiait avec la présence de Motorhead mais ne l’était plus au vu de l’affiche finale. Mais surtout l’irrespect envers les spectateurs habituels et ceux prenant leurs tickets à l’avance puisque les billets ont été bradés à moitié prix la dernière semaine. Il ne faudra pas s’étonner si l’année prochaine une projection d’affluence est impossible, le public attendant le dernier moment pour acheter ses billets.
Le second regret concerne l’absence d’hommage rendu par les organisateurs à Lemmy Kilmister créateur de Motorhead, premier groupe a avoir été annoncé pour cette édition, et source d’inspiration de ce genre musical, qui nous a quitté le 28 décembre dernier. Le Hellfest lui a construit une statue et a illuminé le ciel de son nom lors du feu d’artifice. Je n’en demande pas tant mais un hommage à travers son portrait sur les écrans ou en diffusant ses chansons entre les groupes aurait été apprécié.

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